FERMER


Vous êtes à la recherche de quelque chose ?

Rechercher

Déjà un compte MM ?

Se connecter Mot de passe oublié ?

Vous avez oublié votre mot de passe ?



Envoyer votre mot de passe
FR NL

Vous êtes à la recherche de quelque chose ?


RECHERCHE AVANCÉE >

Pas encore membre MM ?

mm.be est un site freemium. Pour accéder aux contenus payants, vous devez créer votre compte et vous abonner à nos produits.
Créer un compte

Déjà un compte MM ?

Mot de passe oublié ?

Vous avez oublié votre mot de passe ?


Envoyer votre mot de passe
close

L'Europe face aux enjeux de l'économie numérique de l'information, par François le Hodey (IPM)

Jeudi 1 Décembre 2016


L'Europe face aux enjeux de l'économie numérique de l'information, par François le Hodey (IPM)
La Commission Européenne sous l’impulsion du Commissaire Oettinger vient d’adopter un projet de directive en vue de moderniser le droit d’auteur. Ce projet va être maintenant débattu au Parlement européen, il s’agit là enfin d’une initiative positive en vue de mettre en place progressivement un cadre juridique qui soit adapté à la nouvelle économie internet de l’information.

La révolution numérique qui change fondamentalement tous les pans de l’économie, impliquera des évolutions dans la plupart des cadres juridiques que ce soit en matière de propriété intellectuelle, de concurrence, de fiscalité ou de relations de travail, et le monde politique national et européen ne doit pas se laisser dépasser par cette révolution, il doit se mobiliser pour l’accompagner en adaptant les règles afin de faire de ces nouvelles opportunités de croissance un win win pour tous les acteurs qui créent de la valeur ajoutée.

Tout comme dans les années soixante, l’introduction des règles de propriété industrielle ont permis le développement d’une économie basée sur la recherche et la protection de ses résultats, permettant la formidable croissance des industries technologiques (pharmaceutiques, logicielles, …), il faut comprendre les nouveaux concepts concurrentiels de l’économie numérique et moderniser notre droit pour permettre à chaque acteur de percevoir la juste valeur de sa contribution.

En matière de presse c’est d’autant plus important que les notions de démocratie, de liberté de la presse et de système économique sont intrinsèquement liées.

Qui en effet cherche et traite l’information ? Qui paye ceux qui font ce métier ? Qu’est-ce qui promeut la qualité de l’information ? D’où provient l’argent qui finance la diffusion de l’information ? Voilà les questions fondamentales !

En Belgique, 70% des journalistes (hors secteur public) travaillent pour des journaux quotidiens et leurs déclinaisons internet, ce sont donc les entreprises d’édition qui sont leur employeur, ces entreprises d’édition trouvent leurs ressources via ce que les lecteurs acceptent de payer pour acheter leur journal imprimé ou leur abonnement internet, et via ce que les annonceurs publicitaires allouent comme ressources pour leur communication.

C’est donc grâce à l’existence de cet écosystème que la liberté d’entreprendre peut s’exprimer dans les métiers de la presse en commercialisant l’information et la publicité en vue de générer les ressources permettant de rémunérer les équipes de journalistes et toute l’infrastructure technologique, marketing, commerciale et de gestion associée à ce type d’activité.

Les entreprises de presse gèrent des marques en qui les lecteurs ont confiance, les éditeurs et les rédactions savent qu’elles doivent délivrer chaque jour un travail de qualité pour mériter cette confiance, c’est grâce aux règles de déontologie, aux moyens financiers et humains mis en place par les éditeurs, à l’expertise et aux talents des journalistes, et à cette responsabilité collective dans la durée vis-à-vis des lecteurs, que la qualité de l’information est là.   

La révolution numérique nous apporte des possibilités exceptionnelles, mais force est de constater qu’à ce jour elle génère un déséquilibre abyssale entre ceux qui contrôlent les technologies et ceux qui produisent les contenus, hors un tel déséquilibre n’est pas la conséquence de la libre concurrence, il est la conséquence d’un système juridique !

Prenons l’exemple d’une équipe de journalistes d’investigation que nous allouons à une enquête, le jour où nous publions dans nos journaux et sites internet les résultats de ce travail, en moins d’une trentaine de minutes, les principales informations seront reprises dans les moteurs de recherche, partagés sur les réseaux sociaux, plagiés sur d’autres sites, commentés sur twitter, … et donc la valeur économique de ce travail sera captée par d’autres opérateurs dont le modèle économique est basé sur la gratuité des contenus auprès des lecteurs en vue d’optimiser les audiences afin de les vendre aux annonceurs publicitaires.

Un tel modèle n’est ni efficient, ni équitable, ni intelligent, ni durable !

Il faut bien prendre la mesure des conséquences systémiques d’un modèle économique par rapport à un autre. Un modèle qui ne permettrait pas de gagner sa vie en traitant l’information, aurait pour conséquence de laisser les métiers de l’information soit aux services publics (pas visés ci-après), soit à ceux qui le font pour instrumentaliser l’information, soit à ceux qui le font gratuitement.

Si le but n’est en effet pas de générer des revenus commerciaux à partir de la vente de l’information, ce qui peut justifier le fait de payer des producteurs d’information, c’est la recherche d’un impact dans l’opinion publique qui soit conforme à ses propres objectifs. C’est le cas par exemple du site d’un groupe de pression, d’une société de produits de consommation, d’une association militante, ou encore pour prendre un cas extrême, de pays qui utilisent l’information comme outil de propagande en politique internationale. A cet égard, l’activisme médiatique de la Russie au cours des dernières élections américaines constitue une menace dont toutes les démocraties doivent prendre la mesure. Le Washington Post et le Foreign Policy Research Institute ont mis en exergue la diffusion de ces fausses informations via des milliers de sites et robots pour dénigrer la candidate Clinton et éroder la confiance dans les institutions.

Pour ce qui est des créateurs de contenus via les blogs et réseaux sociaux, on y trouve le meilleur et le pire, et l’enjeu est de savoir qui va identifier les fausses informations et les combattre ? On l’a vu à l’occasion du débat sur le Brexit, lors de la campagne électorale américaine, sur les questions du djihadisme, les vraies et fausses informations se côtoient en permanence, et il arrive trop souvent que les moteurs de recherche et réseaux sociaux contribuent à la diffusion de celles-ci. C’est même pire, des revenus publicitaires sont générés sur les pages de ces fausses informations ! 

A l’avenir, nous n’aurons pas besoin de moins d’informations, nous aurons besoin de plus d’informations, et absolument de bonnes informations pour gérer politiquement et socialement nos sociétés de plus en plus sophistiquées.

Le journalisme professionnel est le complément indispensable au bon fonctionnement de nos démocraties et économies, il apporte une valeur ajoutée clé qu’un système économique correctement structuré doit pouvoir rémunérer à sa juste valeur, le challenge de la profession et des dirigeants politiques, est de comprendre à temps les nouveaux concepts de l’économie numérique afin d’apporter les bonnes réponses juridiques à son encadrement.

François le Hodey, Administrateur délégué IPM Group & Membre du Comité Exécutif ENPA (Europeen Newspaper Publishers Association)  



ARCHIVE / MEDIA - STRATEGY

JOBS


INTERVIEW

Leon Jacobs et Stijn Cox (Boondoggle) à propos du Service Design

Leon Jacobs et Stijn Cox (Boondoggle) à propos du Service Design



DOSSIER  



L'attribution totale, expression du chaos numérique  


La notion de convergence a été de toutes les grandes conversations digitales depuis bientôt une décennie. Mais force est de constater que la fragmentation des usages par le consommateur provoque...


en savoir plus
Member only
Connectez-vous pour accéder à ce dossier


Merit Awards : les reasons why de nos lauréats 2016  


Le 26 janvier dernier, le Bloody Louis a accueilli quelque 800 professionnels qui ont répondu à l'appel de Media Marketing pour la traditionnelle remise des Merit Awards 2017, récompensant les...


en savoir plus
Member only
Connectez-vous pour accéder à ce dossier


PQ : les défis à relever pour gagner des lecteurs numériques  


Si les éditions papier ont encore généré la plus grosse part de l’audience des marques d’information en 2016, la transition vers le numérique est bel et bien en cours dans le monde de la PQ. A...


en savoir plus
Member only
Connectez-vous pour accéder à ce dossier