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Google DNI : Une offensive de charme de plus de 150 millions d'euros

Dimanche 19 Juin 2016


Google DNI : Une offensive de charme de plus de 150 millions d'euros
Jusqu’au 11 juillet, les éditeurs peuvent de nouveau déposer un dossier auprès de Google en vue d’obtenir une aide financière pour leurs projets innovants. C’est en effet pendant cette période qu’a lieu le deuxième round du Google Digital News Initiative (DNI). Avec ce fonds d’investissement européen d’une valeur totale de 150 millions d’euros, Google entend stimuler et pérenniser l’écosystème du journalisme d’information en ligne, mais aussi et surtout augmenter son capital sympathie auprès de ses partenaires médias et technologiques.

Le 28 avril 2015, Google annonçait le lancement de Digital News Initiative, en partenariat avec 11 grands éditeurs, dont Les Échos, The Guardian, The Financial Times, El País, Die Zeit, etc. L’objectif ? Encourager le journalisme de qualité grâce aux technologies et à l’innovation, mais aussi accroître les recettes, le trafic et l’engagement sur les sites d’actualité des éditeurs. La DNI porte notamment sur des programmes de formation et des outils de recherche pour les rédactions. Toutefois, son fer de lance est un fonds de 150 millions d’euros, qui seront distribués au cours des trois prochaines années par le biais d’au moins deux sessions d’appels à projets par an, afin de soutenir financièrement des initiatives de presse en ligne prises par des éditeurs nationaux et régionaux en Europe.

A la différence de toutes les autres subventions destinées aux entreprises de médias, Google se concentre sur une cible nettement circonscrite, les éditeurs de presse, et refuse de devenir actionnaire de start-ups. La présentation de la DNI de Google explique que le but est de soutenir « des projets qui jettent un regard neuf sur le métier du journalisme numérique, favorisent l’éclosion de nouveaux modèles économiques ou font évoluer la façon dont les utilisateurs consomment l’information. Ces projets peuvent être de nature très expérimentale, mais doivent toujours proposer des objectifs clairement définis et disposer d’une composante numérique majeure. »

« Nous finançons une série de projets de différents groupes de médias où l’innovation et le journalisme de qualité occupent une place centrale », explique Thierry Geerts, Country Director chez Google Belgique. « Nous voulons ainsi tendre la main aux médias locaux et leur montrer que Google n’est pas vraiment un concurrent, mais plutôt un partenaire. Nous comprenons toute l’importance du journalisme pour la démocratie et sommes bien conscients qu’il n’est pas évident de modifier un modèle de revenus. C’est pourquoi nous voulons inviter tout le monde autour de la table pour développer ensemble de meilleurs produits. »

Espionnage industriel ?

En dépit de la transparence qui caractérise l’initiative, certains acteurs continuent à se demander si la DNI n’est pas pour Google un moyen aisé de s’adonner au "cherry picking", c’est-à-dire de détecter les projets vraiment intéressants pour ensuite les racheter et éventuellement les confier à ses propres collaborateurs pour accélérer leur mise en œuvre. Christoph Lauer, responsable des innovations stratégiques chez Axel Springer, qui a d’ailleurs décidé de ne pas participer à la DNI, n’hésite pas à parler d’espionnage industriel transparent : « Les éditeurs cèdent tout bonnement leurs connaissances à Google. C’est une sorte de "brain drain". Si Google voulait vraiment aider les éditeurs, il n’aurait qu’à respecter les droits voisins pour permettre aux éditeurs d’investir cet argent dans leurs innovations numériques. Il refuse toutefois de payer des redevances pour faire paraître nos articles dans ses résultats de recherche. 150 millions d’euros, c’est une goutte d’eau comparé aux sept milliards de dollars que l’entreprise investit chaque année en R&D. Ce montant suscite des interrogations quant aux bonnes intentions du groupe envers la presse. »

Des robots-journalistes aux hoaxbusters

Après un premier appel à projets en octobre de l’année dernière, Google a publié les noms des premiers élus de la DNI en février. En jetant un coup d’œil aux 128 premiers projets approuvés (sur pas moins de 1.200 dossiers déposés), on constate que le spectre des participants est particulièrement large, avec aussi bien des entreprises aguerries que de jeunes pousses. Les projets sont tout aussi diversifiés et vont de la personnalisation automatique de contenus aux robots-journalistes en passant par les applis démasquant les hoax et les social media crawlers.

La Belgique a passé ce premier round de DNI la tête haute, avec l’approbation de six grands projets (voir pages suivantes) et un financement total de 2,26 millions d’euros (sur un total de 27,3 millions d’euros pour 23 pays). Soit un soutien financier presque équivalent à celui de pays comme l’Espagne et la France et plus de deux fois supérieur à celui décroché par les Pays-Bas. Les projets choisis portent dans les grandes lignes sur la façon d’améliorer et d’élargir la diffusion des informations. « Le nombre de projets approuvés montre que notre pays fait preuve d’une bonne dose de créativité et d’innovation, et que les médias nous considèrent comme un partenaire », estime Thierry Geerts. Fait frappant : le centre de recherche numérique flamand iMinds est associé à cinq des six projets retenus. Certains d’entre eux font suite à des trajets d’innovation antérieurs nés au sein du Media Innovatie Centrum (MiX), un ancien centre d’expertise d’iMinds. Créé en 2012 par le ministre des Médias et de l’Innovation de l’époque, Ingrid Lieten, le MiX s’était vu assigner 4,5 millions d’euros de subvention de la part d’IWT (devenu entre-temps Agentschap Innoveren & Ondernemen) en vue de soutenir des projets d’innovation menés de pair par des entreprises et de centres de recherche. Pour d’autres, les éditeurs ont de nouveau fait appel à l’expertise d’iMinds.

« Notre expertise de recherche et nos compétences reconnues dans les médias numériques sont clairement liées à cinq des six projets approuvés en Belgique. Nous sommes heureux de voir que les chercheurs d’iMinds, les start-ups et les entreprises (de médias) avec lesquels nous collaborons sur des projets de recherche ont réussi à obtenir le soutien du fonds DNI de Google », souligne Elise Descamps, Business Development Manager Media chez iMinds. « Depuis le lancement d’iMinds il y a plus de dix ans, nous stimulons l’innovation dans le secteur des médias, et nos efforts ont été épaulés par les activités du Mix. »
Nouveau bailleur de fonds

Le grand nombre de demandes de soutien adressées par des entreprises de médias à Google montre en tout cas que cette initiative lancée par sa holding Alphabet répond à un réel besoin et a réussi à inspirer confiance. Les éditeurs en situation délicate ont ainsi trouvé un nouveau bailleur de fonds pour seconder leur transition vers le monde numérique. Quant au géant technologique, il est de nouveau en bons termes avec la plupart d’entre eux, suite aux pressions exercées par la Commission européenne, qui réfléchit encore à la possibilité d’adopter une "tax for snippets" pour des agrégateurs d’actualité comme Google News. Ou, pour reprendre les paroles d’un grand éditeur concerné : « Chaque jour, des milliers de lobbyistes prouvent à Bruxelles que l’on peut s’attirer la sympathie en agissant mal. Google s’y prend au moins à l’aide d’un projet plausible dont profitent les deux parties. »
 



Les six projets belges

 


Six projets belges - trois "large" et trois "medium" -, dotés d'un financement total de 2,26 millions d’euros, ont été retenus lors de la première session de la Google DNI. Ces projets sont portés par tous les éditeurs de quotidien ainsi que Roularta, la VRT et Newsmonkey. Analyse.
 
Providence+ : VRT/Newsmonkey - iMinds (large project)

Comment prédire si un contenu donné va se propager de manière virale et comment déterminer la plateforme et le moment qui conviennent le mieux pour publier tel ou tel reportage ? Voilà des questions auxquelles la VRT et Newsmonkey souhaitent apporter une réponse. Providence+ est un outil qui aide les journalistes à prédire l’audience et l’impact de leurs articles sur les différentes plateformes. L’initiative s’appuie sur les résultats de Providence, une étude menée entre 2014 et 2015 par iMinds avec les mêmes éditeurs. Le projet visait alors à optimiser les stratégies de publication en ligne en exploitant des prédictions sur le caractère viral d'informations postées sur les réseaux médias. Concrètement, avec l’algorithme de Providence+, les rédactions devraient pouvoir optimiser les moments de publication et améliorer leur stratégie de distribution.

Metahaven : Roularta - Zeticon (large project)

Le 1er septembre, Roularta lancera Metahaven, une sorte de robot devant aider les rédactions à traiter et catégoriser toutes sortes de documents : textes, images et vidéos. Roularta entend utiliser cet outil pour enrichir tous ses contenus à l’aide de métadonnées pour les offrir dans un contexte pertinent et de façon personnalisée à ses lecteurs, par le biais de nouveaux services numériques. L’éditeur pourra également s’en servir pour optimiser le processus de création d’information en offrant un soutien aux journalistes. Erwin Danis, Directeur Premedia chez Roularta : « L'usage est à la fois interne et externe. Metahaven permettra de proposer des recommandations aux lecteurs grâce à une analyse de nos bases de données. Au sein de la rédaction, ce robot aidera nos journalistes à traiter et classer les images et vidéos. L’objectif est de pouvoir retrouver aisément des contenus associés et de les organiser de façon efficace. » Metahaven a été mis au point en partenariat avec Zeticon, spécialisée dans le "text mining" et la KU Leuven. Par ailleurs, Roularta a l’intention de déposer un deuxième projet auprès du fonds, cette fois en collaboration avec un partenaire technologique étranger, la KU Leuven et UGent. Il s’agirait de "crawler" les réseaux sociaux à la recherche de contenus en se basant sur quatre critères : geotagging, story detection, trust et engagement.

Infotelligence : LaPresse.be - Selligent (large project)

Côté francophone, les éditeurs membres de LaPresse.be - Rossel, IPM et Les Editions de l'Avenir –ont lancé le projet "Infotelligence", qui a décroché une aide de 500.000 euros. En collaboration avec Selligent, le trio a planché sur un outil devant offrir des informations personnalisées aux surfeurs, sur base de l’analyse de différents critères comme le profil, les attentes en matière d’information et les habitudes de consultation des sites d’actualité. L’objectif n’est pas d’adapter l’architecture complète des sites en fonction du profil de chaque lecteur, mais bien de réserver certaines zones aux informations personnalisées. Denis Pierrard, Directeur Général d’IPM et coordinateur du projet : « Le projet porte sur l’ensemble des contenus de nos sites d’information, avec des recommandations concernant aussi bien les articles que la publicité, et il est décliné sur les différentes plateformes. » Infotelligence devrait être lancé après les vacances d’été et être utilisé pendant au moins un an au sein des rédactions des trois éditeurs. Ceux-ci ont d’ailleurs demandé une aide supplémentaire à la Région wallonne dans le cadre du fonds Digital Wallonia.

Digital News Rack : De Persgroep - iMinds (medium project)
 
Mis au point par De Persgroep et iMinds, le Digital News Rack qui devrait être déployé en fin d'année, permet à l'éditeur d'offrir gratuitement certains contenus payants de ses journaux et magazines numériques à des cibles et à des endroits bien déterminés. Différentes pistes sont pour l'instant à l'étude en ce qui concerne les emplacements. Parmi elles, le Vooruit à Gand, où De Persgroep pourrait rendre accessibles les contenus payants de Humo et De Morgen afin que les personnes se trouvant à proximité du centre culturel puissent par exemple consulter les rubriques dédiées. La Ghelamco Arena à Gand ou le site de Rock Werchter sont aussi envisagés pour les contenus foot et musicaux. En outre, l’éditeur songe à des partenariats avec les marques : les clients de Starbucks pourraient par exemple accéder gratuitement aux contenus d’un titre, en échange d’une redevance payée à l’éditeur. La limitation de l’accès s’effectuerait par le biais de la géolocalisation ou du "geofencing", permettant de définir une zone autour d’un lieu.

Hans Deridder, Managing Editor au Persgroep : « L’objectif est de donner aux gens la possibilité de faire connaissance avec nos titres et de mettre en exergue la différence entre les contenus payants (journalisme d’investigation, etc.) et les contenus gratuits (articles d’actualité, etc.). Après ce premier contact, nous pourrons leur proposer un abonnement à l'essai et ensuite, qui sait, les convaincre d'opter pour un abonnement payant. Aux Pays-Bas, où nous avons mené un projet pilote pour De Volkskrant auprès du personnel universitaire, nous avons constaté un accroissement significatif des abonnements payés dans ce groupe. »

EngageReaders: Mediahuis - Twipe (medium project)

EngageReaders a vu le jour en novembre 2014 en tant que projet commun entre Mediahuis, son partenaire technologique Twipe et différents centres de recherche d’iMinds et de la KU Leuven. Son objectif est de mesurer et prédire l’engagement des lecteurs de journaux à l’égard des publications digitales en se basant sur leurs habitudes de lecture, interactions et centres d’intérêt. Après un peu plus d’un an de recherche et la mise au point de plusieurs prototypes, Mediahuis et Twipe sont en train de développer un produit qui pourra être utilisé par les cinq newsrooms de Mediahuis (De Standaard, Het Nieuwsblad, Gazet van Antwerpen, Het Belang van Limburg et De Limburger) en vue d’accroître l’engagement de leurs lecteurs. Mediahuis prévoit le lancement au dernier trimestre de 2016. Cet outil devrait être utilisé pendant un an par les cinq rédactions. L’accent sera mis sur les publications digitales, toutes plateformes confondues. « La valeur ajoutée d’EngageReaders consiste avant tout en sa capacité de fournir aux rédactions un feedback détaillé sur les articles qu’elles ont rédigés. Là encore, la technologie devrait permettre aux journalistes de prédire quels articles susciteront un plus grand engagement auprès de lecteurs déterminés et d’adapter en conséquence leurs articles et le journal », explique Danny Lein, CEO de Twipe. A terme, cette entreprise technologique basée à Louvain entend vendre EngageReaders en tant que marque blanche à d’autres éditeurs.

Number 42 : Mediafin - iMinds (medium project)

On ne sait pas encore grand-chose de Number 42, un projet que Mediafin, l’éditeur du Tijd et de L’Echo, détenu à 50/50 par De Persgroep et Rossel, mènera en collaboration avec iMinds. Mis à part que son lancement est prévu pour le milieu de l’année prochaine. L’objectif du projet est d’analyser les données de lecture pour déterminer quand les lecteurs ont besoin de plus de contexte concernant les informations écofi et politiques qu’ils sont en train de consulter. L’éditeur n’a pas souhaité commenté cette initiative pour l’instant.
 

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