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An Van den Cruyce, natural born account

Jeudi 18 Septembre 2014


An Van den Cruyce, natural born account
Une nouvelle ère commence donc pour Saatchi & Saatchi, désormais basée à Anvers, dans des bureaux qu’elle partage avec Duval Guillaume, son agence sœur dans le groupe Publicis. Quelques semaines plus tôt, Saatchi & Saatchi annonçait le gain de Belfius et dans la foulée, l’arrivée d’An Van den Cruyce (ex Famous), nommée Managing Director. Le nouveau management se compose par ailleurs de l’ancien CEO, Yves Van Landegehm, qui retrouve son poste de Strategy Director, et d’Alexander Cha’ban, Creative Director. Notre rencontre avec la nouvelle boss de Saatchi & Saatchi An a lieu au terme de sa toute première semaine chez son nouvel employeur. 

« Cela a été évidemment une semaine mouvementée. Se lancer dans une nouvelle aventure, dans un cadre neuf, avec une équipe en pleine effervescence et de nouveaux clients… du moins pour moi : voilà une opportunité qui ne se présente pas souvent dans une carrière. D’une part, je dois donc encore tout découvrir ; d’autre part, je continue tout simplement à faire ce que j’ai toujours fait, et ce pour quoi je pense être compétente.  Il n’empêche que j’ai eu quelque mal à m’endormir le dimanche soir : Qu’est-ce qui m’attend ? Aujourd’hui, une semaine plus tard, les choses sont déjà beaucoup plus concrètes. »

An Van den Cruyce, qui a une sœur de quatre ans sa cadette, a grandi dans une famille très soudée. Elle suit la filière grec-mathématiques dans une école sévère de religieuses, en compagnie d’autres « braves » jeunes filles. Mais les mathématiques ne la bottent pas. En revanche, elle adore l’histoire et la culture. Elle décide dès lors de suivre un master en histoire à Gand, malgré le scepticisme de son entourage, qui pense qu’elle aura du mal à trouver un travail avec un tel diplôme. « Il faut faire ce que l’on aime si l’on veut avoir des chances de réussir. Toutefois, j’ai aussi suivi un master en communication par la suite. À l’époque je ne pensais pas encore au monde publicitaire, mais je rêvais de devenir journaliste au service sportif ou aux informations de la VRT. L’histoire et la communication me semblaient former une combinaison parfaite. Mais le sort en a décidé autrement. Au lieu de la VRT, je suis entrée chez Schelstraete & Desmedt, une agence de chasseurs de têtes spécialisée dans les cadres supérieurs. Je me suis mise à rechercher des personnes pour des postes dont je n’avais encore jamais entendu parler. Un poste formidable pour commencer sa carrière ! On n’y apprend pas seulement à se débrouiller, mais on se familiarise aussi avec toute une série de fonctions passionnantes. Grâce à diverses missions pour des agences de publicité, je suis tout naturellement entrée en contact avec ce secteur. Et je me suis rendu compte que c’était ce que je voulais. En lisant le job description d’un account, j’ai réalisé que je pourrais aussi relever un tel défi. »

Gand – Anvers – Gand – Bruxelles

C’est ainsi qu’elle a proposé elle-même ses services à Duval Guillaume à Gand. Malheureusement pour elle, l’aventure a fait long feu. Elle a ensuite décroché des emplois chez LDV et Markee, où elle a appris les fondamentaux du métier d’account. Jusqu’au jour où, lors d’un pitch, elle fait la rencontre Isabel Peeters, alors chez Duval Guillaume : « Nous avons eu une discussion très animée et, quelques jours plus tard, elle m’a téléphoné : ‘Et si l’on parlait sérieusement ?’ Je n’ai pas pu résister à une telle proposition. Je n’ai rien à reprocher à Markee, mais même les embouteillages en direction de Bruxelles n’ont pas réussi à me faire changer d’avis. J’ai vécu presque six années formidables chez Duval Guillaume. Cela a été une période très enrichissante, marquée par un travail intense. Et c’est là que je me suis fait mes meilleurs amis. L’agence était en ébullition. L’ambiance qui y régnait donnait l’impression que tout était possible. Cela été une expérience extraordinaire de pouvoir travailler dans ce temple du design. Ce cadre confère une dimension supplémentaire au travail. L’agence n’était pas seulement capable de concevoir des idées géniales, mais aussi de les mettre génialement à exécution. Nous ne lésinions pas sur les moyens pour y arriver. Nous disposions des meilleurs print & TV producers et le résultat était miraculeux. Nous exigions que toutes les campagnes radio soient réalisées à l’aide de maquettes. À l’époque ce n’était pas si courant que cela. Aujourd’hui, de nombreuses agences ont adopté cette façon de travailler. »

Certaines femmes savent pourquoi

Pourtant, elle finira par quitter l’agence où elle se sentait si bien. Le travail sur des budgets créatifs lui avait apporté une grande satisfaction, mais elle craquait tout autant pour des dossiers plus épineux, comme celui de Brussels Airlines : « Un tel client demande une approche spécifique. Nous ne travaillions pas seulement pour la Belgique, mais aussi pour différents pays européens et même pour 13 pays africains. La pub en Afrique, c’est quand même un peu particulier. Surtout quand on livre du matériel de qualité et que l’on voit ensuite le résultat dans un journal local : c’est à en attraper des cheveux blancs… (rires) Lorsqu’ils ont vu chez Famous ce que je faisais pour Brussels Airlines chez Duval Guillaume, ils ont manifestement pensé : « Si elle est capable de faire ça, elle peut vernir faire la même chose chez nous pour Jupiler. » Un beau jour, le client m’a demandé si je comprendrais jamais ce que signifie "Les hommes savent pourquoi". Je lui ai répondu que non, mais que je pourrais essayer de m’en approcher le plus possible. Et c’est ce que j’ai fait avec beaucoup de plaisir pendant quatre ans. Chez Famous, j’ai pu vraiment aller au fond des choses, ce dont je leur suis encore très reconnaissante aujourd’hui. »

Account for ever

Après quelques années au poste d’Account Director, en charge également de Hyundai, Delta Lloyd et Snow (Base), elle a été nommée Business Director : « On peut comparer cela au Client Service Director. On collabore avec une série d’Account Directors à la gestion de leurs clients. Cela demande aussi une certaine dose de people management. On apprend à connaître ses collaborateurs et à détecter les besoins de l’équipe pour optimiser les performances. Au fond, cette fonction a été la préparation idéale pour le travail que j’accomplis aujourd’hui. Je ne l’ai jamais convoité, la seule chose que je voulais, c’était évoluer, faire un pas puis l’autre, donner plus de contenu à mon travail. Une fois que l’on peut satisfaire un petit client, on peut s’attaquer à un plus gros, puis à un autre qui pose des exigences encore plus élevées, et ainsi de suite. C’est pourquoi mon intuition me dit que je vais adorer ce travail. Je ne suis pas quelqu’un qui doute beaucoup et je n’ai jamais regretté les décisions que j’ai prise dans ma carrière. J’ai commencé comme modeste account en bas de l’échelle et j’ai acquis peu à peu une expérience très solide dans différentes agences stimulantes, qui avaient toutes l’ambition de faire de la pub de qualité, dans le respect du travail des créatifs. J’ai toujours accordé la priorité au client. J’essaie de bien comprendre sa façon de voir et ce qu’il considère comme important. Je veux connaître le "fonds de commerce" du client et le traduire au mieux pour les équipes d’accounts et de créatifs. De cette façon, nous pouvons tous ensemble élaborer un projet qui aide le client à progresser. Parfois, il faut se montrer un rien intraitable pour veiller à ce que les choses aillent de l’avant. Mais il ne faut jamais interrompre le dialogue avec le client. Je pense en toute modestie que c’est l’un de mes points forts. »

En dehors de la publicité, elle aime beaucoup cuisiner pour ses amis : « Si je pouvais me le permettre, je le ferais tous les jours. J’adore les repas en grande compagnie, avec des discussions animées sur des sujets intéressants. Je veille à ce que tout soit parfaitement huilé. Et il doit y avoir bien sûr de quoi boire à volonté ! (rires) C’est un réflexe d’account :  j’aime quand je peux faire plaisir aux gens qui m’entourent. »

Male female

Le mot "principe" ne fait pas vraiment partie de son vocabulaire. « Interprétés de façon stricte, les principes sont plutôt des entraves selon moi. Ils vous disent au préalable que telle chose est interdite, est impossible ou doit être faite ainsi et pas autrement. » Je ne peux pas faire du bon boulot de cette façon. Cela me posait déjà problème à l’école des religieuses. À l’université, où l’on ne m’imposait pas de principes, j’ai pu travailler beaucoup mieux. Je préfère parler de valeurs, parce que celles-ci sont constructives. D’autre part, j’estime qu’il faut réfléchir à ce que l’on dit. En même temps, cela ne doit pas supprimer la spontanéité. Je ne vais pas tourner ma langue sept fois dans ma bouche avant de dire ce que je pense. Il ne faut pas être calculateur pour savoir où l’on veut aller. Est-ce dû à ma féminité ? En même temps, j’ai certains traits moins féminins. Je déteste les petits jeux et les intrigues, aussi dans mes relations avec les clients. Lors que je fais la connaissance d’un nouveau contact chez un client, je lui dis souvent : "S’il y a quelque chose, dites-le-moi." L’autre réagit alors en souriant, l’air de dire : "Ne vous en faites pas, vous le saurez." Je peux apprécier quelqu’un très fort, mais lorsqu’on discute d’une question de fond, je trouve que l’on doit pouvoir y aller franchement, sans pour autant en arriver à se fâcher.  On peut avoir une solide discussion sans que cela devienne personnel. (elle reste un instant songeuse) Vous savez, ma carte de visite chez Famous disait : "An, famous for putting the male in the female." Et cela n’était sans doute pas lié uniquement à la nature de mes clients. » (rires)

La nuit qui a précédé son entrée chez Saatchi, An Van den Cruyce a eu du mal à trouver le sommeil. Mais qu’est-ce qui pourrait lui faire passer vraiment une nuit blanche ? « Quand on retourne trop d’idées dans sa tête, cela peut provoquer des insomnies. Avant, j’avais un calepin sur ma table de nuit pour noter les choses qui me réveillaient en pleine nuit, de peur de les oublier. À vrai dire, ce calepin était moins là pour me rappeler ces choses que pour me rassurer : "C’est noté dans mon carnet !" (rires) Rester éveillé pour un tel motif n’est pas grave. Il en va autrement quand l’insomnie est due à une intense tristesse, par exemple à cause la maladie d’une personne qui vous est chère. Pour tout le reste, le calepin est là. Les choses rentrent donc dans l’ordre. »

Un nouveau Saatchi

Les nouveaux bureaux de Saatchi & Saatchi sont situés un étage plus bas que ceux de Duval Guillaume. An Van den Cruyce travaille ainsi sous l’aile de Karel Vinck. La comparaison avec Leo Burnett s’impose ; cette agence s’est établie sous l’aile de Johan Parmentier, chez Publicis Bruxelles. Les quatre agences font partie du même groupe. « Pour moi, il est important d’occuper un étage clairement séparé. Nous n’avons pas l’intention de fusionner avec Duval Guillaume. »

Veut-elle créer un nouveau Saatchi & Saatchi ? « Tellement de choses ont déjà changé que nous sommes de toute façon devenus un autre Saatchi. Même la composition de l’équipe de direction a été modifiée. Nous ne pouvons donc pas faire autrement que de prendre un nouveau départ. Avec l’aide d’une série de gens qui ont connu l’ancien Saatchi, bien sûr. Des collaborateurs talentueux et enthousiastes. Je sens que cela va faire des étincelles ! Nous allons abattre du bon boulot ensemble. »

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