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Creativity news

14/02/2019

Inspiration

Les sources d'inspiration de Phillip Van den Bossche (Mu.ZEE)

Après ses études d’histoire de l’art à Gand, Phillip Van den Bossche a d’abord travaillé comme conservateur du Van Abbemuseum à Eindhoven de 2001 à 2007, année où il a été nommé Directeur de Mu.ZEE, le musée d’art moderne et contemporain d’Ostende. Depuis lors, il a monté des expositions avec Eric van Hove, Sammy Baloji, Lili Dujourie, On Kawara, Saddie Choua, Lucy McKenzie et Richard Tuttle, entre autres. Il a également publié des articles sur le modernisme, le mouvement dada et le surréalisme, ainsi que des essais sur le travail d’Anne-Mie Van Kerckhoven, Allen Ruppersberg, Ger van Elk et Joe Scanlan. Depuis 2013, Mu.ZEE mène des recherches sur l’histoire coloniale et postcoloniale, en lien étroit avec la principale mission de Phillip Van den Bossche : le remaniement des archives et de la politique en matière de collection et d’expositions de l’institution. 

Musique
 
« La musique serait-elle la chose la plus importante que nous ayons jamais produite ? » Cette question, je l’ai lue un jour sur une carte de vœux. Il s’agit d’une citation du professeur de musicologie Ian Cross, dont je n’avais jamais entendu parler auparavant. En tout cas, il est certain que je ne pourrais me passer de musique, ne serait-ce qu’un seul jour. Je dois absolument poser l’aiguille sur le sillon d’un disque vinyle. Le programme change chaque semaine : la rumba congolaise est une constante, mais j’écoute aussi les nouvelles découvertes comme Michel Banabila, Viola Klein ou encore le titre "Abusey Junction" du groupe londonien Kokoroko. En entendant leur guitariste, je pense au ngombi, la harpe des Fangs au Gabon, dont la vibration des cordes évoque leurs relations étroites avec les ancêtres.
 
John Berger
 
Un compagnon de route : c’est ainsi que je décrirais l’œuvre, la voix et la pensée de l’écrivain britannique John Berger. Ses livres m’accompagnent depuis environ 25 ans et j’y reviens toujours. Dans les années 1970, Berger a remporté le Booker Prize et a versé la moitié du montant reçu aux Black Panthers, du fait du lien direct qui existe entre esclavage, exploitation coloniale et racisme. L’autre moitié lui a permis de financer ses recherches sur les migrants et leurs conditions de vie en Europe. Par quel livre de Berger commencer ? Essayez donc le roman "De A à X" et ses essais rassemblés dans le recueil "The Shape of a Pocket", où il dessine avec des mots.
 
Soufisme
 
Un artiste égyptien vivant en Australie m’a parlé à Charjah de la philosophie de vie véhiculée par le soufisme. Il s’en est suivi une quête d’ouvrages consacrés à cette tradition mystique séculaire qui mêle questions, interprétations et doutes. Grâce à cela, j’ai découvert les écrits de Souleymane Bachir Diagne, où le philosophe est décrit comme un traducteur, Gaston-Paul Effa et l’animisme, l’affirmation d’EdouardGlissantque « toutes les cultures ont besoin de toutes les cultures », la manière de Stuart Hall de décrire l’identité comme un processus de changement continu et donc un projet jamais réalisé, mais aussi le "soufialisme", courant qui mêle surréalisme et soufisme.
 
James Baldwin

Je l’avoue : c’est seulement en 2015 que j’ai lu mon premier roman de James Baldwin. Il s’agissait de "Another Country". A cause de fortes chutes de neige, j’ai passé des journées entières dans le métro de New York. Baldwin fait partie de ces écrivains qui vous prennent aux tripes, qui pénètrent en vous pour changer votre regard à jamais. Par ses positions et son analyse de la politique, mais aussi par l’empathie et la générosité qui transparaît dans les dialogues. Baldwin m’a en outre conduit à lire Nikki Giovanni et Maya Angelou. 
 
Livres
 
Ils constituent comme un fil rouge. Quand on travaille dans un musée et monte des projets avec et sur des artistes, on se sent poussé à ne jamais délaisser l’étude, qui est aussi une façon de voyager dans sa tête. L’été dernier, nous avons effectué un long périple jusqu’à Dakhla, ville située à l’extrême sud du Maroc, près de la Mauritanie. En route, j’ai découvert le désert et compris à quel point le paysage pouvait se transformer en source d’inspiration. Nous avons parcouru 3.000 km en voiture, moi-même dans le rôle de navigateur puis de DJ pour créer la bande-son de notre itinéraire. Dans ma valise, j’avais emporté un seul livre : "Un captif amoureux" de Jean Genet. 

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