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Creativity news

14/02/2019

Video

This is America : à l'heure de Trump

Faut-il s'étonner que la plupart des clips américains nommés aux derniers Grammy Awards aient en commun leurs revendications sociales et politiques ? Ils sont également tous issus d’artistes noirs engagés qui dénoncent les outrances de l’actuel locataire de la Maison Blanche. 

A commencer par cet hymne incendiaire, "This Is America", lauréat dans la catégorie Best Music Vidéo. Œuvre de Childish Gambino, alter ego musical du comédien, scénariste et réalisateur Donald Glover (il faut voir sa série TV "Atlanta") et du réalisateur Hiro Murai, ce clip distille un portrait sans concession de la vie de nombreux afro-américains, entre fusillades sanglantes et réminiscences de l'esclavage, sur fond de rythmes afro-beat et de gospel.
 
A l'image de Childish Gambino, Joyner Lucas et sa vidéo "I'm Not Racist", que l'on a découvert au dernier New Directors’ Showreel de Saatchi & Saatchi à Cannes, ont frappé les esprits avec un rap puissant qui met face à face deux incarnations d’une Amérique divisée. Les mots de Lucas illustrent tour à tour les idées reçues que les blancs associent négativement aux afro-américains, et les réponses précises de ces derniers sur chacun des points évoqués. Une discussion dure, frontale que l’artiste arrive à retranscrire très justement en insistant sur l’importance du débat et de l’écoute, et avec cette conclusion sans appel : « Nous étions tous des humains jusqu’à ce que nous soyons déconnectés par la race, séparés par la religion, divisés par la politique, et classés par la richesse. » Le film a été réalisé par Lucas et Ben Proulx.
 
Dans un registre plus glamour mais tout aussi politique, The Carters (Beyoncé et Jay-Z) ont investi le Louvre à Paris avec le clip "Apeshite", réalisé par Ricky Saiz. Avec ses références au mouvement Black Lives Matter et ces plans où se dessinent des silhouettes agenouillées en signe de protestation en référence à Colin Kaepernick, la vidéo actualise les chefs d’œuvre du Louvre et les intègre dans le contenu même du clip. On pointera aussi la conception des chorégraphies que l’on doit à l’Anversois Sidi Larbi Cherkaoui.
 
Quant à Janelle Monae, elle explore de nouveaux sentiers graphiques dans le clip "Pynk", signé par Emma Westenberg. La chanteuse y figure entourée de femmes vêtues de pantalons roses bouffants qui incarnent le vagin, en réponse aux déclarations de Trump selon lesquelles on pouvait « saisir par la chatte » des femmes. De l’amour propre, de la sexualité et du "pussy power"… "Pynk" est beaucoup plus qu’une ode à « la couleur rose que nous trouvons dans les recoins et les cavités les plus profonds et reculés du corps humain ». 

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